[SCOOP] La belle comtesse de Ludre serait-elle à l’origine du palais de Vaucouleurs ? Et pourquoi pas ?

Ah ! La belle comtesse de Ludre ! (à l’époque Ludre ne prends pas de s)

Fiancée à 15 ans au duc Charles IV de Lorraine (de 43 ans son aîné, qui l’avait repérée dans un couvent et qui la « délaisse » 3 ans plus tard pour pour épouser une fillette de 12 ans), Elisabeth de Ludre, dite Isabelle ou encore la Belle de Ludre, est alors accueillie à la cour de Versailles où sa beauté éclatante ne tarde pas à taper dans l’œil du roi Soleil.

Devenue la rivale de la Montespan, la belle comtesse de Ludre est éconduite peu de temps après par Louis XIV (qu’elle a fini par agacer), et doit rejoindre en mode express son château de Vaucouleurs, emmenant dans son sillage son cuisinier Jean Bécu de Cantigny.

Oui, mais de quel château s’agit-il ?
Il n’en existe peut-être qu’un en cette fin de XVIIe siècle à Vaucouleurs.

La seule demeure princière avec chapelle, grilles et blasons, qui pourrait correspondre au train de vie de Mme de Ludre(1) et qui existe dans cette petite cité, est le Palais de Vaucouleurs dont l’origine est restée obscure depuis bientôt 300 ans…

En effet, cette demeure devenue un palais de justice à la fin du XVIIIe siècle n’a rien d’un palais de justice, c’est une élégante bâtisse d’habitation, de style classique, avec une chapelle, et avec, de plus, un toit « à la Mansart » (particularité que l’on attribue à François et Jules Hardouin-Mansart, architectes de Louis XIV).

La disposition des salons en enfilade, les chambres avec alcôves, les boiseries, les cheminées, les taques, les ferronneries, les trumeaux peints, tout indique la présence en ces lieux d’une famille de haute noblesse voire, d’une personnalité importante.

Les trumeaux peints se trouvant au dessus des portes du grand salon, semblent raconter l’histoire de la comtesse, un départ, un pays qu’on laisse derrière soi, une maison forte flanquée de tourelles et entourée d’eau, et qui ressemble à s’y méprendre au château Bas de la famille de Ludre à Richardménil, lieu où s’était fiancée Isabelle et qu’elle dut quitter avec regret.

Un autre indice qui pourrait nous mettre sur cette voie est la maison de Jean Bécu dit de Cantigny (grand-père de la célèbre comtesse du Barry) cuisinier de la Belle de Ludres, époux de sa dame de compagnie, et qui se trouve à deux pas du Palais de Vaucouleurs.

J’invite les historiens à se pencher sur ce mystère passionnant !

(1)-le fait qu’elle ait été chanoinesse justifie son titre de Madame

La comtesse de Ludre
Charles IV en bas à droite
De haut en bas : Palais de Vaucouleurs,
et les châteaux de Dampierre de Boury, œuvres de Hardouin-Mansart

Indice 1 :
Mlle de Scudéry écrit, dans sa correspondance, qu’Isabelle de Ludre (favorite éconduite par Louis XIV) s’est exilée dans son château de Vaucouleurs à la fin du XVIIe.

Il n’existe pas de château à cette époque à Vaucouleurs à part peut-être « le Palais de Vaucouleurs ».

En effet cette belle demeure de style classique pourrait avoir été construite à cette époque car elle comporte un toit  » à la Mansart « , une caractéristique dont étaient friands François et Jules Hardouin-Mansart, architectes de Louis XIV (ce comble brisé créé par Pierre Lescot fut très utilisé par la famille Mansart, raison pour laquelle il porte leur nom.)

Grilles, blasons, chapelle

Indice 2 :
Le « Palais de Vaucouleurs » est conçu comme une maison d’habitation et non comme un Palais de justice (ce qu’il deviendra à la fin du XVIIIe siècle), et il réunit tous les codes de décoration intérieure de la haute aristocratie, distribution des pièces, boiseries, taques de cheminée.

Sur les cartes postales de 1900, on remarque de magnifiques ferronneries avec écussons sur les grilles et les balcons, ainsi qu’une chapelle, le tout a malheureusement disparu depuis.

Trumeaux peints
Palais de Vaucouleurs

Indice 3 :
Les trumeaux peints du « Palais de Vaucouleurs » représente une maison forte flanquée de tourelles et entourée d’eau, caractéristiques du Château-Bas de la famille de Ludre dans lequel se fiancèrent Mlle de Ludres (15 ans) et Charles IV de Lorraine (lequel duc âgé de 60 ans, la délaissant trois ans plus tard pour se marier avec une fillette de 12 ans).

Ces peintures, réalisées probablement courant XVIIIe, semblent raconter l’histoire singulière et pas banale de celle qui, après avoir été éconduite par le duc de Lorraine Charles IV, dut rejoindre la cour de Versailles en laissant derrière elle la maison forte de sa famille, à Richardménil.

Des fouilles archéologiques sur le site dit du Château-Bas des comtes de Ludres à Richarménil ont mis au jour les vestiges d’une maison forte comportant trois tours et une grande enceinte quadrangulaire flanquée de quatre tourelles carrées, l’ensemble de ces bâtiments étant entourés de la Moselle, dont l’un des bras avait été détourné.
(source Gérard Giuliato (sd.), Le « Château des Armoises » à Richardménil)

Réalisation de François Mansart (1660)
Musée Carnavalet

Indice 4 :
Fabien Bécu de Cantigny accompagne la comtesse de Ludre dans son exil à Vaucouleurs en tant que rotisseur-cuisinier. Il épouse Jeanne Husson, et ils auront sept enfants, qui seront tous très bien placés (Charles Bécu par exemple sera valet du roi Stanislas).

Sa maison est à deux pas du Palais, rue du Paradis. Sa petit-fille Jeanne Bécu deviendra extrêmement célèbre sous le nom de Mme du Barry.



Laisser un commentaire