Langres : qui se cache dans le saint barbu de la cathédrale Saint-Mammès ?

Je me demande en regardant cette scène sanglante si l’église catholique n’en faisait pas un peu trop ?

Voici une scène gore à la vue de tous, petits et grands : la chasse des Reliques de saint Aurèle, martyr des catacombes rapportées de Rome en 1843 pour la cathédrale Saint-Mammès à Langres.

Cette effigie ultra réaliste, en cire, de saint Aurèle égorgé (dont la « sainteté » après recherches est probablement liée à sainte Aurélie) est digne d’un film d’horreur !

Pourtant, point de saint Aurèle Marcien des catacombes parmi les nombreux Aurèle canonisés (Aurèle de Carthage, Aurèle de Milan, Aurèle du Puy, ou Aurelius, Aurèle avec sa femme Nathalie, martyrs à Cordoue).

L’un d’eux s’était même insurgé contre ce genre de reliques, Aurèle de Carthage (chef de l’Église d’Afrique de 392 à 430) avait du remettre dans le droit chemin cinq cents turbulents évêques se laissant aller à des déviances hérétiques et il avait contré les moines qui trafiquaient les reliques des martyrs pour se faire de l’argent en taxant lourdement les fidèles venant les vénérer.

De plus, après vérifications et recherches, le saint barbu, s’avèrerait être … une sainte ou tout du moins son « odeur de sainteté » serait liée à une sainte.
En effet, point d’histoire de saint Aurèle Marcien des catacombes ailleurs qu’à Langres et le saint est rapporté de Rome en 1843, date exacte où l’on découvre les reliques de sainte Aurélie ou Aurelia Petronilla, vierge et martyr, mise à mort vers 260 au nom sa foi sous le le règne de l’empereur Valérien et dont le tombeau fut découvert en 1842 dans une galerie de la catacombe Sainte Priscille à Rome.
Saint Aurèle Marcien semble avoir été découvert lui aussi dans les catacombes de sainte Priscilla à Rome en 1843, mais son nom n’apparait pas dans l’histoire ancienne, il n’a pas d’histoire et l’Eglise manquant cruellement de Saints, est prête à tout pour en obtenir.
Un article de www.persee.fr est édifiant sur ce sujet

L’ouvrage Mémoires de la Société historique et archéologique de Langres évoque en 1847 pour rester vague une « illustre famille Aurélia », … trouvé en 1842 dans les catacombes Sainte Priscille à Rome…
Saint Aurèle Marcien reste un mystère à éclaircir !

L’Ami de la religion et du roi: journal ecclésiastique, politique et littéraire, 1843.

3 Replies to “Langres : qui se cache dans le saint barbu de la cathédrale Saint-Mammès ?”

  1. Saint Aurèle une femme ? La thèse est hardie ! (Pardon, mais il fallait que je le dise). Merci au passage pour vos passionnantes publications.

    1. Bon, après de nouvelles recherches, je vais réviser un peu mon propos, car cette translation est décrite dans certains textes mais exclusivement liée à Langres, car saint Aurèle Marcien n’apparaît qu’en 1842, une époque où l’église était cruellement en manque de Saints, il n’apparait pas dans les textes anciens, il n’a pas d’histoire… J’ajoute quelques documents pour étayer mon propos.

  2. Bonjour, merci de votre commentaire, je reconnais avoir exposer hardiment dans ce blog un grand mystère que je n’ai pas réussi à éclaircir, j’ai quelque peu hésité à le faire car c’est osé…
    Il y a de nombreux saint Aurèle, les voici : Aurèle de Carthage, Aurèle de Milan, Aurèle du Puy, ou Aurelius, évêque du Puy-en-Velay ; Aurèle avec sa femme Nathalie, ainsi que Felix et sa femme Liliose, martyrs à Cordoue.
    On ne retrouve nulle part ailleurs que dans les registres de Langres, saint Aurèle Marcien des catacombes mais cela reste une hypothèse, peut-être est-ce un corps trouvé en 1842 dans les catacombes Sainte Priscille à Rome à coté de Sainte Aurélie, ce qui expliquerait le terme utilisé « famille des Aurélia » par la Société historique et archéologique de Langres en 1847, à vérifier… ma foi !
    Bonne journée
    Bien amicalement
    Pascale

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