Denis Diderot se moque de la traditionnelle fête de l’Épiphanie ou fête des Rois.
En 1770, élu souverain après s’être goinfré de la délicieuse galette, il rédige Le Code Denis :
« Dans ses États, à tout ce qui respire
Un souverain prétend donner la loi ;
C’est le contraire en mon empire ;
Le sujet règne sur son roi. »
Signé « Denis sans terre ni château
Roi par la Grâce du gâteau »
Ce poème est édité par son ami Grimm dans la Correspondance littéraire, destinée aux têtes couronnées d’outre-Rhin. La même année paraît un essai virulent du baron d’Holbach contre les privilèges de la noblesse.
C’est la blague de trop pour Frédéric II. Le roi de Prusse craque et répond à toutes ces attaques dans un style grandiloquent : « Frappé des erreurs de ces célèbres philosophes je m’écrie : Vanité des vanités, vanité de l’esprit philosophique ! ».
Diderot, prenant la défense de son ami le baron, répond insolemment au roi : « Je n’en souffrirais pas plus patiemment un faquin titré qui m’insulte parce qu’il est le dernier de sa race, moi qui suis peut-être le premier de la mienne… »
Au moins, c’est dit ! Mais pour le premier de sa race, Diderot ne sera que le deuxième, après Voltaire…
© PFDebert Diderot; l’inattendu, chez Liralest éditions
