Rencontres philosophiques sous l’œil éclairé de Diderot

C’est sous le regard très expressif de notre bon Diderot, exposé dans la salle d’honneur de l’hôtel de ville de Langres, que ce sont déroulées plusieurs conférences programmées par les Rencontres philosophiques de Langres.

Le buste de Diderot par Houdon
Si le buste original en bronze, envoyé par Diderot lui-même, en 1780, à ses concitoyens, trône désormais dans le musée des Lumières, il faut reconnaître que sa réplique en plâtre patinée, trônant quant à elle dans la salle d’honneur de l’hôtel de ville de Langres, ne manque pas non plus de panache !

S’agit-il de l’un des “plâtres patinés façon bronze” tirés (avec cachet) dans l’atelier de Houdon ?
En effet cinq plâtres furent envoyés aux officiers municipaux de Langres en même temps que le bronze officiel.
Sur ce sujet, une enquête reste à faire ! Car pour le savoir si ce plâtre est une copie de 1780 ou une copie du XIXe siècle, il faudrait le mesurer et le comparer à celui de Munich (Bayerisches Nationalmuseum).

La fille de Diderot relate cet évènement dans son ouvrage : « En 1780, par une délibération, le maire et quatre échevins écrivirent à mon père pour lui demander un portrait qu’ils voulaient payer, exigeant seulement qu’il donnât à l’artiste le temps nécessaire. Mon père répondit comme il le devait à ses compatriotes ; il leur envoya son buste en bronze exécuté par M. Houdon. Il est placé dans une salle de l’Hôtel de Ville, sur une petite armoire contenant l’Encyclopédie et ses ouvrages. Le jour où il fut posé, ils donnèrent un dîner de corps, placèrent le buste au haut de la table et burent à sa santé. Ces détails donnés par le maire à mon père lui ont fait passer des moments fort doux. La Ville envoya je ne sais quelle bagatelle à M. Houdon, qui de son côté répondit en envoyant à ces messieurs, des plâtres du buste dont ils avaient honoré le bronze ».

Le buste original fut moulé d’après une terre cuite réalisée par le sculpteur Houdon, exposée au Salon en 1771. Un portrait qui plut à notre philosophe puisque c’est celui qu’il décide d’offrir à ses concitoyens.
En représentant Diderot torse nu, Houdon reprend une idée de la sculptrice Marie-Anne Collot qui avait sculpté à la même époque, pour Catherine II de Russie, un portrait de Diderot, torse nu.

A gauche buste en plâtre de 1780, Munich (Bayerisches Nationalmuseum)
Tête : H. 46,2 cm ; Épaules : L. 30,0 cm ; Socle : H. 12,0 cm

Presque vivant, Diderot nous observe, semblant se délecter des Rencontre philosophiques !

Une prouesse de Jean-Antoine Houdon est sa façon de creuser l’œil de façon à le rendre transparent, afin qu’on puisse y distinguer l’iris et la pupille jusqu’au cristallin.

Plâtre patiné de l’atelier de Houdon ou copie plus récente ?
Plâtre patiné de l’atelier de Houdon ou copie plus récente ?
Une enquête reste à faire !
Plâtre patiné de l’atelier de Houdon ou copie plus récente ?
Salle d’honneur, hôtel de ville de Langres
Salle d’honneur, hôtel de ville de Langres

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