La Manufacture de Bains-les-Bains est un « phalanstère royal » !

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Si ces deux mots semblent s’entrechoquer, c’est pourtant bien un phalanstère qui fait, au XVIIIe siècle, la renommée de la Lorraine,…

Le modèle coopératif de la manufacture royale de ferblanterie de Bains-les-Bains, dans les Vosges, est fondé en 1733, par quatre entrepreneurs fortunés proches du duc Léopold (dont Georges Puton et Jean-Batiste Villiez), les lettres patentes sont signées par la duchesse Elisabeth-Charlotte.

Le phalanstère est une entreprise industrielle basée sur la vie en communauté, l’utopie de cette organisation sociale étant de créer une vie harmonieuse autour d’un intérêt commun.

Initiée sur un modèle tout droit venu de Saxe, cette industrie de métallurgie (n’existant quasiment pas encore en France) se développe de façon exponentielle,  grâce au savoir-faire d’ouvriers Germains, extrêmement qualifiés, et surtout grâce à plusieurs avantages et allègements d’impôts considérables du fait que l’entreprise est implantée en terre Lorraine.
La cité ouvrière se déploie d’une façon très hiérarchisée, égrainant ses bâtiments autours de son cœur de production, en l’occurrence la production de fer-blanc. Tout y est organisé pour la vie en communauté, ateliers, ferme, moulin, labour, maison de maître, logements collectifs et potagers pour les ouvriers, chapelle, prémisse d’un enseignement pour les enfants montrant des dispositions intellectuelles.
La cité peut accueillir jusqu’à mille personnes.
Mais ne nous y trompons pas, l’intérêt de cette organisation reste purement économique, et à l’époque les enfants travaillent dés l’âge de 5 ans, 12 h par jour…
Ce poème nous décrit à la veille de la révolution l’ambiance du travail règnant dans les « fourneaux » :
« Ici dans la joie et sans mélancolie,
L’on forge du fer
Pour aimer nos frères
En défendant la Patrie.
Ceci est un enfer
Ou sans mélancolie
On fabrique du fer
Pour venger la Patrie
Ceci est un enfer
Ou avec grand déplaisir
On fabrique du fer
Afin de s’enrichir »

La manufacture Royale de ferblanterie passe dans les mains de la famille Falatieu en 1777, elle y reste jusqu’au XXIe siècle, malgré, bien sur, de nombreux changements d’activité.

Dédicace spéciale à jean-pierre Puton !
La Manufacture Royale de Bains les Bains★★★★★ remporte le Guest Review Award !

Désormais, Martine et François Cornevaux font revivre la Manufacture Royale, ils proposent chambres d’hôtes et gites au cœur de la petite cité, en utilisant la spécificité du site pour communiquer : « nous sommes le seul site industriel du XVIII ° siècle avec hébergement.

Article/photos © PFDebert
Source, François Cornevaux, La Manufacture de Bains-les-Bains par Mireille-Bénédicte Bouvet, le pays lorrain 1999
images et photos©le pays lorrain 1999
Lithographie d’après un dessin de Joséphine Falatieu 1814©le pays lorrain 1999
Villiez dans sa boutique par Girardet©musée lorrain©le pays lorrain 1999

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Villiez par Girardet

One Reply to “La Manufacture de Bains-les-Bains est un « phalanstère royal » !”

  1. Merci pour ce rappel historique si bien pensé ! NOUS SOMMES RAVIS DE DÉCOUVRIR Villiez, dont l’âme bienveillante circule encore dans le château directorial où j’ai désormais mon bureau !

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