Puisqu’il faut choisir, à mots doux je peux le dire, sans contrefaçon je suis un garçon…

En 1735, à la sortie de son recueil de poésie, la poétesse « Mademoiselle de Malcrais de La Vigne » dite aussi « la Muse bretonne » fait tourner les têtes de tous les parisiens et parisiennes avec ses vers ensorcelants (voir plus bas les Hirondelles).
On la considère comme la nouvelle Sapho et le directeur du Mercure lui-même en tombe éperdument amoureux.

La Muse bretonne ensorcelle jusqu’à Voltaire qui, ayant succombé à son charme, lui écrit cette lettre après avoir appris qu’elle est aussi un homme…

A M. Desforges-Maillard (alias Mlle Malcrais) depuis Wassy en février 1735 :
« Votre changement de sexe, Monsieur, n’a rien altéré de mon estime pour vous. La plaisanterie que vous avez faite est un des bons tours dont on se soit avisé, et cela seul ferait auprès de moi un grand mérite. Mais vous en avez d’autres que celui d’attraper le monde ; vous avez celui de plaire, soit en homme, soit en femme. Vous êtes actuellement sur les bords du Lignon, et de Nymphe de la mer vous voilà devenu berger d’Astrée. Si ce pays-là vous inspire quelques vers, je vous prie de m’en faire part ; pour moi j’ai un peu abandonné la poësie dans la campagne où je suis : […] »
Œuvres complètes de Voltaire, t 52, 1785.

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