«Et qu’on ait bien soin d’elle.» Voltaire prête ses valets à Mme de Graffigny qui manque de tout !

En septembre 1738, Mme de Graffigny quitte sa chère Lorraine et elle erre, telle une sdf, de château en château avant de se rendre à Paris, où son nouveau job, « dame de compagnie de la duchesse de Richelieu », l’attend.

Au château de Cirey, chez la prestigieuse marquise du Châtelet, la bonne Grosse devrait donc manquer de tout, mais c’est compter sans Voltaire…

« A propos d’attention, j’en ai decouvert une aujourd’huy de V. [Voltaire], dont Me Dubois [Femme de compagnie de la Grosse] m’avait tenu le cas secret. Son valet de chambre demande tres souvent si je n’ai besoin de rien de chez lui : il a ordonné a tous ses gens de me servir comme lui.
Je ne savois pourquoi ses deux laquais me servaient si bien, car je ne le suis que par eux. Il a ordonné jusques a sa menagere de savoir si elle ne pouroit pas m’etre utile.
Encore a propos de cela, je veux te dire comme il est servi. Son valet de chambre ne quitte pas sa chaise a table, et ses laquais lui apporte ce qui est necessaire, comme les pages aux gentilhome du roi. Cela est cependant sans aucun air de faste. Il a une façon plaisante d’ordonner : il ajoute en riant « et qu’on ait bien soin de moi. »

Correspondance de Mme de Graffigny à Panpan Devaux. 1738. »Petits Riens de Mme de Graffigny » © Pascale Debert Pythagore éditions 2020
Illustration © Pietro Longhi

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