Le projet « éléphantesque » de Napoléon

Le 9 février 1810, à Paris, un projet de fontaine est adopté à l’unanimité : « Il sera élevé, sur la place de la Bastille, une fontaine sous la forme d’un éléphant en bronze, fondu avec les canons pris sur les Espagnols insurgés ; cet éléphant sera chargé d’une tour et sera tel que s’en servaient les anciens ; l’eau jaillira de sa trompe. Les mesures seront prises de manière que cet éléphant soit terminé et découvert au plus tard le 2 décembre 1811. »

C’est l’architecte Cellerier qui a imaginé ce pachyderme de 24 mètres de haut et de 16 mètres de long qui devra faire briller le nom de l’Empereur pendant les siècles à venir.
L’animal sera paré d’un somptueux harnachement et d’un palanquin et l’eau jaillira de sa trompe et du bassin circulaire.
De très nombreux dessins ont été réalisés, un escalier est prévu dans l’une des pattes de l’animal pour assurer la distribution de l’eau.
Les architectes estiment qu’il faut 177 000 kilos de bronze pour le fabriquer.

Une maquette grandeur nature est construite, en bois et en plâtre, dans un hangar à coté de la place de la Bastille.
Les Parisiens et même Napoléon en personne visitent le chantier en 1813.
Avec la chute de l’Empire en 1815, la fontaine ne sera jamais construite, et la maquette est détruite en 1846.

Il ne reste que la base circulaire de la fontaine, sur laquelle est dressée la colonne de Juillet : cet autre monument historique a été construit en hommage aux victimes des journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830.
La colonne est surmontée du célèbre Génie de la Liberté.

Projet de fontaine pour la place de la Bastille
Alavoine, J. A.. Graveur
Denon, Dominique-Vivant. Graveur
Maquette de la fontaine dans le hangar.

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