Alors que la Tour Eiffel s’apprête à recevoir les noms des soixante-douze femmes de science, lesquels noms seront inscrits en lettres d’or en regard de ceux des soixante-douze hommes scientifiques qui y sont déjà, et alors que même l’agence de communication l’avait inscrite dans sa simulation, on apprend que Mme du Châtelet, élue en 1746, à l’université de Bologne, seule université européenne de l’époque ouverte aux femmes, et classée parmi les dix savants les plus célèbres de son époque, selon la Décade d’Augsbourg, ne sera pas citée.
Voici les explications totalement irrationnelles de ce non choix, d’après une réponse du comité scientifique qui a répondu à mon questionnement et que je remercie infiniment.
Selon le critère imposé par la mairie de Paris, seules les femmes scientifiques ayant été vivantes à partir de 1789 (soit la Révolution) ont pu être sélectionnées.
« Nous n’avons pu mettre Jeanne Baret parce qu’elle était vivante en 1789 (morte en 1807) donc elle entrait dans les critères. Idem pour Angélique du Coudray (1712 – 1794), Louise du Pierry (1746 – 1830) et Sophie Germain (1776 – 1831).
Ce critère a été donné par la commission d’experts qui voulait que les critères de sélection des femmes soient aussi proches que possible de ceux de Gustave Eiffel pour les hommes.
Il est écrit dans le rapport: “LIMITER LE CHOIX DES NOMS AUX FEMMES EXPERTES ÉMÉRITES AYANT VÉCU « ENTRE 1789 ET NOS JOURS », AUJOURD’HUI DÉCÉDÉES, DONT LES TRAVAUX SONT CONSIDÉRÉS PAR LEURS PAIRS COMME FONDATEURS ET DÉCISIFS.” »
