Il nous arrive parfois, depuis les siècles passés, des témoignages émouvants, comme celui d’Augusta BERTON, élève de l’Ecole impériale de dessins, dont la « boite de couleur » est restée intacte depuis le jour où elle la referma, à la fin du XIXe siècle.
Augusta Berton est né en 1838, dans une famille de la haute bourgeoisie parisienne. Son père, Auguste Berton, est notaire. Il s’est fait tout seul, comme on dit, et dans ses « Notes et souvenirs », il recommande à ses descendants – s’ils arrivaient à une position élevée – « de ne pas oublier les origines modestes de leur famille, qui en les rendant plus humble pourra les rendre meilleurs. »
Augusta, comme certaines jeunes filles privilégiées de la bourgeoisie, étudie à l’ Ecole impériale spéciale et gratuite pour les jeunes personnes, dont la directrice est Rosa BONHEUR. La jeune fille assez douée reçoit plusieurs prix qui font l’orgueil de la famille Berton.
En épousant, le 12 mai 1860, Émile LEVEAUX, Augusta, âgée de 22 ans, entre dans une famille prestigieuse, car l’oncle de son mari n’est autre que le dramaturge Alphonse LEVEAUX, dit JOLLY, ami d’Eugène LABICHE, avec lequel il collabore à de nombreuses pièces de théâtre.
La famille Leveaux est une famille de notables au statut confortable et envié, et dont le plus ancien aïeul connu est Marie Thomas Jacques GUIBOUT (1760-1814), passementier, fabricant de galons, et juge au tribunal de commerce.
Augusta n’a que deux ans d’écart avec la cousine de son époux, Lucie Leveaux-Courbot (1832-1861), peintre et dessinatrice extrêmement talentueuse, et dont elle admire les œuvres d’une finesse et d’une délicatesse rare. La fille de Lucie COURBOT, Louise, vicomtesse DE LINIERS (1864-1939) sera une peintre animalière reconnue.
Augusta donne naissance à trois enfants : Marguerite née en 1861, et des jumeaux, Pierre et Marie nés en 1863.
Malgré les conventions bourgeoises très strictes de l’époque, Augusta saura préserver, toute sa vie, sa passion pour le dessin, un art qu’elle pratiquera jusqu’en 1793.
A travers ses carnets, sa palette, et ses pinceaux que le temps nous a légués, on peut l’imaginer dans sa maison de campagne à Comb-la-Ville, peindre et dessiner des fleurs et paysages aujourd’hui à jamais disparus.











