Mon sujet d’étude actuel étant Jeanne Baret*, exploratrice et botaniste française, je m’intéresse tout particulièrement aux inventaires des lieux où elle vécut, et à cette occasion, j’ai rencontré le mot “casaquin”. Que nous raconte ce mot ?
Jeanne Baret (1740?-1807) est la première femme à réaliser le tour du monde, et si elle réussit son exploit déguisé en homme, on trouve dans son “dressing” (garde-robes laissée par l’exploratrice avant de prendre la mer) plusieurs “casaquins” :
– « un casaquin et son jupon de crépon brun »,
– « un jupon et un casaquin blanc à fleurs »,
– « une robe et un jupon de croisé fond brun à bouquet et un casaquin »,
– « un casaquier de toile blanche ».
Ce manteau court et ajusté, porté par les femmes des classes moyennes et supérieures au XVIIIe siècle, nous dit beaucoup sur Jeanne. Cette femme d’une vingtaine d’année n’est donc pas simple domestique de Philibert Commerson, elle est aussi la compagne de vie et l’assistante du botaniste réputé du jardin du roi.
Cet inventaire nous révèle aussi que Jeanne portait des boucles d’oreilles en “fausses pierres” et un “corps baleiné” (différent du corset car plus rigide), et qu’elle portait un tablier de toile à carreaux rouge pour herboriser.
- Jeanne Baret a été choisie comme thème par Pierre Druart, animateur spécialisé, et Lucas Brien, enseignant, lesquels m’ont invitée cette année à animer un atelier d’écriture auprès d’une classe d’adolescents du collège Henri Viet à Montigny-le-Roi.
CASAQUIN
Sorte de blouse de femme, de forme variée, dont le bas se termine par des basques qui retombent par-dessus la jupe. Ce type de corsage ajusté au buste, avec de longues basques, est souvent représenté sur des portraits de femme portant un habit d’amazone (habit de chasse).

Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris
Il vient du mot CASAQUE, s. f. (Hist. mod.)
Espece de surtout ou d’habit long de dessus qui se porte sur les autres habits, qui est sur-tout en usage en Angleterre parmi les ecclésiastiques, & que les laïques portoient aussi autrefois.
Ce mot signifie habit de cavalier : d’autres le font venir par corruption d’un habillement des Cosaques. Covarruvias le fait venir de l’Hébreu casach, qui signifie couvrir ; d’où a été tiré le Latin casa, cabane, & casula, diminutif du premier. Enfin il y en a qui veulent que ce mot, ainsi que la chose qu’il signifie, vienne de caracalla, espece d’habit de dessus qui pendoit jusqu’aux talons.
