Première « étudiante » admise à l’école des Beaux-Arts de Nancy, seule femme “embauchée” par le cébre maître verrier Emile Gallé, l’artiste Rose Wild (1872-1904) connaît un destin tragique et meurt à 31 ans dans des circonstances qui n’ont jamais vraiment été élucidées.
Artiste brillante de l’école des Beaux-Arts de Nancy, elle y reçoit de multiples prix, récompenses et médailles avant de démarrer sa carrière dans les ateliers d’Emile Gallé pour y préparer l’Exposition universelle de 1900.
Rose Wild (nom qui par une subtile coïncidence, désigne en anglais l’églantine ou rose sauvage) crée de nombreuses œuvres pour l’ameublement et la verrerie, entre autres.
En 1900, à l’issue de l’Exposition universelle, elle obtient une médaille de bronze dans la classe des vitraux et verreries. En 1902, l’Union centrale des arts décoratifs lui remet un premier prix et une médaille de vermeil, pour un tapis de table en peluche dégradée.
Quelque mois seulement avant L’Exposition d’art décoratif de 1904 qui s’est tenue aux Galeries Poirel de Nancy, Rose Wild disparaît subitement.
Le 4 décembre 1903, un avis de recherche édité dans la presse la décrit ainsi : « Âgée de trente ans, grande, mince, jolie fille ; en cheveux, robe grise rayée de noir. Elle avait déjà quelquefois donné des signes de dérangements cérébraux ».
Quelques semaines plus tard, sa famille l’a fait internée à la maison de santé Sainte-Anne à Laxou. Rose s’en échappe le 28 février 1904, avec l’intention dit-on de se suicider. Le 29 février 1904, un éclusier de la commune de Villey-le-Sec retrouve son corps flottant dans l’eau de la Moselle.
Elle est inhumée au cimetière du Sud, dans une discrétion absolue.
Mais que s’est-il passé vraiment ? A l’époque, on a vite fait de la qualifier de « folle » et d’entériner l’affaire. Ses aquarelles et ses œuvres illustrent pourtant une personnalité libre et équilibrée. Femme talentueuse, non mariée, dans un milieu exclusivement masculin, en gagnant sa vie, Rose est absolument hors norme et avant-gardiste.
Ce vendredi 30 novembre 2026, un arrêt de Trolleybus du Cimetière du Sud sera baptisé « Garenne-Rose Wild » en son honneur.
(Dédicace spéciale et grand merci à Chantal Maljean pour cette découverte)
Emile Gallé, star de Nancy
Depuis l’exposition universelle de 1900, le maître verrier a l’honneur d’une exposition ou hommage tous les 10 ans en moyenne :
1904 – « Exposition de l’École de Nancy »,
1954 – « Exposition du Cinquantenaire de l’École de Nancy »,
1964 – « Exposition d’inauguration du musée »,
1977 – « Centenaire de la Céramique de Gallé »,
1983 – « Les commémorations du cinquantenaire de la mort de Louis Majorelle (avec Gallé) »,
1991 – « Émile Gallé et le verre : la collection du Musée de l’École de Nancy »,
1999 – « L’Année de l’École de Nancy » ,
2004 – « Le centenaire de la mort d’Émile Gallé,
2014 – « Gallé au Musée de l’École de Nancy »,
2026 – « L’étrange cas de Monsieur Gallé ».
Illustration de couverture “Portrait de Rose Wild” par Victor Prouvé.







