Ourika

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Le fils de Mme de Boufflers, le poète Stanislas de Boufflers, est un temps gouverneur au Sénégal. Il y sauve de l’esclavagisme une petite sénégalaise de 3 ans, nommée Ourika, qu’il confie à son retour en France, à son oncle le maréchal de Beauvau-Craon, (frère de Mme de Boufflers) marié en 3ème noce à Marie-Charlotte de Rohan-Chabot.
M et Mme de beauvau élèvent Ourika comme leur propre fille, dans le somptueux hôtel de Beauvau qui abrite depuis 1861, sur la place du même nom, à Paris, le ministère de l’Intérieur et de l’Immigration.
Survint la Révolution. Le maréchal de Beauvau, homme éclairé, y est favorable. Il est quelque mois ministre et meurt de maladie au printemps de 1793.
Sa femme, très affectée par ce deuil, doit quitter l’hôtel de Beauvau en 1795. La jeune Ourika meurt de tuberculose à 16 ans en 1799.

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Souvenirs de la Maréchale Princesse de Beauvau 
27 janvier 1799.

Je croyais ne pouvoir plus éprouver de 
grandes douleurs …/…
La 
mort d’une enfant de seize ans vient de rouvrir 
toutes mes plaies. Cette enfant, donnée à Mon
sieur de Beauvau, sans que ni lui ni moi l’eussions 
désirée, était devenue promptement pour lui un 
objet d’intérêt, de goût, de tendresse;
…/…

Elle était née avec beaucoup d’esprit; et la 
qualité la plus remarquable de son esprit, était 
une justesse et un goût naturel, qui me surpre- 
naient à tout moment dans les lectures que nous 
faisions ensemble. 
Sa pureté ne pouvait se comparer qu’à celle 
des Anges.

Elle avait une fierté douce et modeste, 
une pudeur naturelle, qui l’aurait préservée à 
jamais des inconvénients que son âge, son état, 
sa figure, sa couleur auraient pu faire craindre 
pour elle ; …/… et elle m’est enlevée à seize 
ans; et moi, vieille, affligée, malheureuse, qui la 
regardais comme ma consolation, comme mon 
soutien pour le reste de mes tristes jours, je suis 
condamnée à la pleurer. 
…/…

La mort de ma chère Ourika a été douce comme sa vie ; elle n’a pas connu son danger, 
et les plus affectueux, les plus tendres soins, lui 
ont été prodigués jusqu’à ses derniers moments, 
par ceux qui me sont attachés et qui la pleurent 
avec moi.

Article © DR Pascale Fourtier Debert

 

La duchesse de Duras, s’empare de cette histoire pour en faire une fiction, un roman tragique « Ourika » publié en 1823, elle y analyse les questions d’égalité raciale et sexuelle mais son roman n’a rien à voir avec la réalité.

One Reply to “Ourika”

  1. […] de l’intérieur et de l’immigration) Impossible de ne pas avoir une pensée pour la petite princesse Ourika, adoptée par le prince de Beauvau, (maréchal de France, né à Lunéville) et sa femme Sylvie de […]

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