Panpan, trésor de Lorraine

IMG_4118

Grande émotion de découvrir au hasard d’une rue de Lunéville, la maison de Panpan, l’aimable confident et ami intime de la célèbre auteure Mme de Graffigny et dont l’heureux caractère a servi à éclairer tout un pan de l’histoire du XVIIIe siècle !

Cette maison du 18e siècle est située à l’angle de la rue de Lorraine et de la rue de la Commanderie. Panpan y vivait au rez-de-chaussée.

François-Antoine Devaux (1712-1796), unanimement surnommé Panpan, est un personnage très attachant de la cour de Lorraine, lorsqu’il y est introduit par Mme de Graffigny, il n’a alors que 17 ans.
Son caractère aimable et indolent, son sens de l’improvisation, sa répartie en font un personnage tout à fait caractéristique des Cours de cette époque, il taquine la muse, papillonne. On le qualifie ironiquement de « plus modeste et plus discret des poètes lorrains ». C’est un amuseur, un confident, il est le chouchou de ces dames.
Mais son caractère lui fera aussi des amis dans les plus hautes sphères intellectuelles puisqu’il correspondra toute sa vie avec les plus grands esprits, Voltaire, St-Lambert, Mme de Graffigny. Voltaire lui écrit entre autres marques de son attachement : « Mon très cher Panpan, votre souvenir ajoute un nouvel agrément à la douceur de ma retraite »

On s’aperçoit seulement maintenant de la valeur de son caractère et comment son rôle de confident va servir l’histoire, c’est grâce à lui, que la correspondance de Mme de Graffigny aura cette intensité et cette saveur si particulière. En effet elle lui raconte sa vie dans les moindres détails. Ils échangent une importante correspondance qui débute en 1733 et devient régulière lorsqu’elle quitte Lunéville en 1738. Elle se poursuit jusqu’à la mort de la romancière en 1758. Cette abondante correspondance croisée s’élève à plus de 2500 lettres conservées de Madame de Graffigny et 2000 lettres de Devaux.

 

Article / Photographies © DR Pascale Fourtier Debert

panpan020

LE BAL MASQUÉ
CONTE
Dans un bal, où la cour fêtait l’anniversaire
De quelque heureux événement,
On remarqua durant la nuit entière
Un grand masque au buffet attaché constamment.

Pourtant il le quittait, mais pour un seul moment:
Il revenait bientôt y faire bonne chère.
De le connaître on était curieux,
Enviant l’estomac heureux
Qui s’acquittait d’un si pénible office.
On parvint enfin à savoir
Que, pour un si dur exercice,
Sous le même domino noir
Avait passé toute la garde suisse.

 

 

IMG_0456  IMG_0447

Laisser un commentaire