Miracle à deux lieues de Nancy

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A « deux lieues de Nancy », dans un endroit rustique à l’écart du village de Messain, l’ermitage Saint-Joseph est toujours debout ! (et c’est miraculeux !)
Rare témoignage de toute une époque, une plaque sculptée, au dessus de la porte de la maison, nous raconte encore l’importance des lieux. On peut lire, figée dans le marbre, la date où Valentin Jameray Duval, célèbre berger devenu bibliothécaire du duc Léopold puis grand maître de la collection de médailles de François Ier à la cour d’Autriche, a fait reconstruire ce bâtiment entre 1755 et 1759, pour remercier son fondateur, frère Michel Legrand.
Toute une histoire, puisque frère Michel est aussi le fondateur de l’ermitage Sainte-Anne (à coté de Lunévillle), un saint endroit ou Jameray Duval fut accueilli tout jeune garçon. (voir article sur le blog HG)
L’histoire de frère Michel est aussi très singulière puisque, laissé pour mort sur un champs de bataille en Lorraine alors qu’il est lieutenant dans l’armée du roi de France, il implore Dieu en lui promettant de se retrancher du monde si celui-ci lui laisse la vie sauve.
Soutenu par une foi sincère, Michel crée non seulement l’ermitage Sainte-Anne mais aussi dans la foulée, celui de Saint-Joseph à Messain. Il est persuadé qu’il peut aider ses semblables qui désirent comme lui se retirer du monde.

Au dessus de la porte de l’ermitage de Saint-Joseph, on lit l’inscription suivante:
Deo. Opt. Max. Valentinus Jameray Duval : Francisco I. Rom. Imp. Pio Fel. Aug. a Bibliotheca & re antiquaria, grato in patriam animo ductus, juventuti pie instituende hocce natale tugurium, in scholam erećfum, libens inerito dicavit. Anno M. DCC. LVIII.

Voici l’histoire de frère Michel : (source ©www.blamont.info)
Frère Michel avait fondé aux environs de Lunéville, sous le vocable de sainte Anne, un ermitage qui avait pris un rapide développement. Né près d’Evreux, Michel Legrand avait d’abord servi en France avec le grade de lieutenant de cavalerie. Blessé dangereusement et foulé aux pieds des chevaux dans un engagement livré en Alsace, sous le règne de Charles IV, le jeune officier fit vœu de renoncer au monde s’il échappait à la mort. Immédiatement après son rétablissement, il chercha un endroit propre à l’exécution de son projet. En se rendant à Lunéville, il s’arrêta au point où la Vezouse se jette dans la Meurthe, et, ayant aperçu une masure nommée la maison Alba, qui dominait un coteau entouré d’arbres, il résolut d’en faire l’acquisition pour la transformer en ermitage. La vie exemplaire et laborieuse de frère Michel lui attira des disciples qui, avec lui, se mirent à défricher tout le coteau, autrefois planté en vignes, mais que les ravages des Suédois et des Français avaient, comme une grande partie du duché, transformé en taillis incultes.
Soutenu par une foi sincère, Michel, non seulement pratiqua, avec ardeur, la vie érémitique, mais il comprit que dans les temps malheureux où il vivait, il pouvait rendre service à ceux de ses semblables qui désiraient comme lui se retirer du monde.
C’est dans ce but que l’ermite de Sainte-Anne se rendit à Messin et y prépara les bases d’un établissement semblable à celui qu’il venait de créer.
Photos et article ©PFDebert

Texte de monsieur C. pour la re-construction du bâtiment :
La reconstruction de l’ermitage saint-Joseph se fit entre 1755 à 1759, Valentin Jameray Duval le fit reconstruire bien plus vaste pour accueillir rapidement le Centre (Maison-Mère) de la Congrégation de Val de Nonnes en juin 1761… et même à hospitaliser les vieillards de cette Congrégation dès 1776…. C’est en fait c’était durant l’été de 1752 que Duval se rendant de Vienne à Paris, fit un assez long détour pour visiter « ses » amis ermites des divers ermitages de notre région; choqué de voir leur état de vétusté surtout pour certains encore plus que d’autres… il prit sur lui de financer soit des réparations urgentes, soit tout bonnement de les faire reconstruire, il donnera d’ailleurs ses indications précises quand aux plans à respecter et des matériaux à utiliser, de plus il fut très scrupuleux de bien définir les agencements internes, voulant que ses amis ermites soient correctement logés et puissent faire leurs dévotions avec les meilleures conditions, il avait là des exigences et presque tatillon dans le moindre détail, telle l’orientation des entrées et ouvertures, l’arrivée de l’eau et l’étanchéité etc…. ceci dit, c’est lui qui payait et voulait que cela soit fait correctement, quitte à redémolir si quelque chose clochait…

 

 

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