« Belle du Grand-Est » – La vérité sur les origines de « la Pompadour »

On raconte que le magnifique château dit « de la Pompadour » à Autreville-sur-la-Renne a été offert à Gabriel Poisson de Malvoisin par sa cousine madame de Pompadour en personne ; on racontait aussi, autrefois, que la favorite royale était née dans le hameau de Monaco, proche de Provenchères-sur-Meuse en Haute-Marne.

Perspicaces, certains du pays n’hésitaient pas à désigner, comme preuve formelle des origines « paysannes » de la favorite royale, une page mystérieusement arrachée du registre des naissances de la commune, précisément celle du jour de sa naissance… !

Mais la vérité est bien différente.

Jeanne-Antoinette Poisson nait à Paris dans une famille devenue quasi « noble », grâce à l’ascension sociale vertigineuse de sa famille (originaire il est vrai, de Monaco).

Son grand-père, Claude Poisson, est tixier en toile (tisserand) au hameau de Monaco (52) à la fin du XVIIe, mais il est surtout amodiateur, ce qui signifie qu’il loue ses terres et donc qu’il est riche « laboureur » et non paysan.
Toute la descendance de Claude Poisson, soit 9 enfants, va ainsi gravir l’échelle sociale, et accéder à des postes prestigieux tels que greffier à Montigny, secrétaire de l’hôtel de ville de Langres, receveur au grenier à sel de Saint Gengoux, l’un d’entre est même proche du maréchal Louis François Armand du Plessis, Duc de Richelieu.

Le père de Jeanne Poisson, François Poisson, est quant à lui, fourrier (sous-officier chargé de la distribution de vivres) du duc d’Orléans (et oui, le Régent), il est ensuite homme de confiance des frères Pâris, banquiers célèbres proches du Régent.
Il épouse en 1718 en seconde noces, Louise-Madeleine de La Mothe, qui était (dit-on) d’une grande beauté et ils ont trois enfants :
– Jeanne Antoinette dite La Pompadour
– Françoise-Louise
– Abel François comte de Marigny

Voila voila, et pour revenir au château d’Autreville, ce n’est pas du tout un cadeau de la marquise de Pompadour à son cousin, puisque le brave « petit cousin », nommé Gabriel Poisson de Malvoisin, le récupère dans son « giron » en épousant Jeanne Courtet, fille du seigneur d’Autreville.

Cependant, comme il n’ y a jamais de fumée sans feu, il se dit encore aujourd’hui dans le village d’Autreville que la marquise serait venue au baptême de sa « petite petite » cousine, Jeanne Poisson de Malvoisin, baptisée le 26 novembre 1762 à Autreville-sur-la-Renne, et dont elle est la marraine le parrain étant Charles de Rohan Chabot, pair de France.
Elle aurait donc dormi dans le château !

Le château d’Autreville est édifié au début du XVIIe siècle par Jean-Baptiste Bouchardon pour Claude Courtet. Il est flanqué de deux tours coiffés de toits dits « à l’impériale », une coquetterie architecturale seyant si bien à la marquise !

Abel François Poisson de Vandières, marquis de Marigny.
Voir aussi l’article Petit Poisson deviendra grand ici

Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, duchesse de Menars
Château coté cour
Château coté cour
Château coté cour
La porte qu’emprunta « probablement » la marquise lorsqu’elle se rendit au baptême
de Jeanne Poisson car elle donne sur le coté de l’église.
Château coté jardin
Château coté jardin
Abel François Poisson de Vandières, marquis de Marigny
par Nattier
Le son de cloche d’origine du château !

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