À la blanche fontaine, M’en allant promener…

La promenade de Blanchefontaine, qui charmait Diderot en 1759, existe toujours ; la fontaine, la grande allée bordée de tilleuls, les bancs de pierre… On peut toujours emprunter l’escalier rustique et découvrir les trois bassins successifs. Le bruit de l’eau qui tombe en cascade dans les différents bassins, le pépiement des oiseaux, ce sont les mêmes sons qui enchantèrent Denis !
La grenouille de fonte est à sa place placide au milieu des joncs. Le lion rugit toujours sa verve, disert, intarissable…
Et si notre regard n’embrasse plus le plus beau paysage du monde, c’est parce que les tilleuls et les arbres touffus ont bien grandi depuis le passage du Philosophe, il y a 267 ans !

La “grotte” d’où jaillit la fontaine, XVIIe et XVIIIe siècle
La grenouille en fonte, pensée par l’architecte Claude Forgeot et le sculpteur Clément Jayet, entre 1755 et 1758
La vasque de la grenouille s’avère être l’un des anciens bénitiers de la cathédrale

Lettre de Diderot à Sophie
À Langres, le 3 août 1759.
“Nous avons ici une promenade charmante ; c’est une grande allée d’arbres touffus qui conduit à un bosquet d’arbres rassemblés sans symétrie et sans ordre. On y trouve le frais et la solitude. On descend par un escalier rustique à une fontaine qui sort d’une roche. Ses eaux, reçues dans une coupe, coulent de là, et vont former un premier bassin ; elles coulent encore et vont en remplir un second ; ensuite, reçues dans des canaux, elles se rendent à un troisième bassin, au milieu duquel elles s’élèvent en jet. La coupe et ces trois bassins sont placés les uns au-dessous des autres, en pente, sur une assez longue distance. Le dernier est environné de vieux tilleuls. Ils sont maintenant en fleur ; entre chaque tilleul on a construit des bancs de pierre : c’est là que je suis à cinq heures. Mes yeux errent sur le plus beau paysage du monde. C’est une chaîne de montagnes entrecoupées de jardins et de maisons au bas desquelles serpente un ruisseau qui arrose des prés et qui, grossi des eaux de la fontaine et de quelques autres, va se perdre dans une plaine. Je passe dans cet endroit des heures à lire, à méditer, à contempler la nature et à rêver à mon amie.”

Détail rocaille de la “grotte” d’où jaillit la fontaine, XVIIe et XVIIIe siècle
Premier bassin

La “grotte” d’où jaillit la fontaine, XVIIe et XVIIIe siècle
Le bassin de la seconde terrasse


Deuxième bassin, détail
Vue sur le bassin circulaire, depuis la seconde terrasse qui était ornée en son centre d’un dauphin tenant un triton.
Le lion en fonte, deuxième terrasse
Le chemin des Fontaines ou encore la promenade de Blanchefontaine sont actuellement revalorisés par la ville de Langres qui y apporte au fil des ans un entretien et des aménagements conséquents

Le chemin des fontaines Blanchefontaine n’a pas changé d’aspect jusqu’à la Révolution, seuls des travaux d’entretien y sont menés, notamment dans le cadre des « ateliers de charité ».
Le classement au titre des Monuments historiques intervient le 15 août 1906 pour la fontaine et le 7 juillet 1937 pour la promenade. La route et le chemin de fer ont détourné la promenade mais la ville de Langres a créé une nouvelle promenade qui se poursuit au delà du pont de fer, à droite, emprunte le chemin ds anciens lavoirs et se termine par la “blanche fontaine”.

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