Il existe dans un petit village de Haute-Marne, un jardin d’exception.
Ce jardin « à la Française » nous arrive de l’époque du roi Soleil et il n’a pas changé depuis 365 ans.
La chance du jardin de Silière, dessiné par André Le Nôtre en 1661, est d’être amoureusement entretenu depuis trente ans par son jardinier remarquable, Bruno Gérard.
Saison après saison, Bruno taille les buis et les charmilles, coupe, plante, creuse, redresse, contraignant parfois les branches des tilleuls, mais pour la beauté des « chambres de verdure », et avec les savoirs-faire d’époque. Tous ses gestes s’inspirent de ceux, ancestraux, des jardiniers de Le Nôtre et rien n’est laissé au hasard. Les charmilles sont taillées au cordeau, à la cisaille. Aucun pesticide chimique n’est toléré dans le jardin. C’est dit !
Un travail de Titan.
Les tilleuls français ont la préférence du jardinier car ce sont les seuls dont les branches se contraignent aisément pour créer des voûtes de verdure. La couleur de l’eau des bassins, vert d’eau et d’une transparence cristalline, est entretenue par deux « amours blancs », carpes originaires du fleuve Amour, et soigneusement choisies par Bruno pour leur capacité à filtrer l’eau, soit 700 litres d’eau.
Véritable « magicien de Silière », le jardinier est le chef d’orchestre du charme qui se distille tout au long de la promenade, et dont le point culminant (27 m), est bien sûr le « Soleil ».
- Première terrasse, le bassin de Neptune, dieu des profondeurs de l’Océan.
- Puis, après avoir emprunté l’allée centrale, bordée de voûtes de verdure, on arrive à la seconde terrasse dont le bassin, formant une boussole et ses quatre points cardinaux, nous indique le chemin à suivre vers Hélios, dieu du Soleil !
- Il faut alors emprunter l’allée dorée pour atteindre la troisième terrasse, un bassin jaillissant au centre d’une chambre de verdure et de fraîcheur, où vous pouvez converser avec Diane, Orphée ou Jason. Le charme des jardins est total et comme Orphée, vous ne devez pas vous retourner…
- Enfin vous arrivez à la quatrième terrasse, celle d’Hélios qui n’est autre que… Louis XIV, en personne évidemment !
Dominant un paysage incroyable de rigueur et de beauté, le roi n’est pas peu fier de son état, ou État, comme on veut, et qu’il doit beaucoup à Le Nôtre et aussi à Bruno.
Mais le charme de la balade ne s’arrête pas là, la promenade se poursuit dans un jardin à l’anglaise, où des arbres remarquables exposent leur hauteur et/ou leur beauté.
Le plus ancien d’entre eux : un if de 370 ans, le plus haut : un épicéa de 45 ou 50 m, le plus étonnant : un érable dont l’écorce est rose…
Enfin, la boucle de verdure est bouclée et l’aventure extraordinaire se termine sur un magnifique tulipier planté par Bruno à son arrivée, en 1998.
Merci à Bruno, et merci au propriétaire de ce jardin extraordinaire pour ce passage temporel dans le XVIIe siècle.


















